La marine chinoise intègre officiellement son

premier porte-avions

 

pa_chinois Le porte-avions Liaonning

Le premier porte-avions chinois a été livré le 25 septembre à l’armée populaire de Chine, au cours d'une imposante cérémonie à laquelle a participé le président Hu Jintao. Le bâtiment s’appelle finalement Liaoning, du nom d’une province du nord-est du pays. Long de 304 mètres et affichant un déplacement d’environ 60.000 tonnes en charge, ce navire, doté d’une piste oblique avec brins d’arrêt et d’un tremplin, devrait pouvoir embarquer 22 avions, des chasseurs-bombardiers J10 et des intercepteurs J15 (version chinoise du Su-33 russe).

27 ans après sa mise sur cale en Russie

Mis sur cale en 1985 aux chantiers de Nikolaev, en Ukraine, et lancé trois ans plus tard, l’ex-Varyag, qui devait être un sistership du Kuznetsov russe, a été racheté par la Chine en 2000, alors qu’il était à 70% d’achèvement. Alors qu’il s’agissait officiellement de la transformer en casino flottant, la coque a été remorquée en 2002 à Dalian, où les machines à sous ne furent jamais installées. En lieu et place, l’arsenal a entrepris d’achever le porte-avions, les travaux commençant véritablement en août 2005. Six ans plus tard, le navire a pris pour la première fois la mer à l’été 2011, débutant une longue période de tests. S’il est officiellement entré en service, le Liaoning est loin d’être opérationnel, et ne le sera sans doute pas avant plusieurs années. La marine et l’aéronautique navale chinoises vont, en effet, devoir passer par un long apprentissage de cet outil très complexe, qui nécessite un savoir-faire très particulier et long à acquérir. La volonté politique de Pékin de doter sa flotte d’un bâtiment de ce type, capable de projeter une force aérienne loin se ses bases, constitue néanmoins un signal fort en faveur de la protection des intérêts chinois dans la région.

Petits frères à l’horizon

Le pays ne souhaite d’ailleurs pas en rester là puisqu’au moins un autre porte-avions dérivé du Liaoning (285 mètres, 64.000 tonnes) serait déjà en construction (projet 089) pour une mise à flot en 2015, la réalisation d’un autre étant évoquée. Les Chinois auraient, par ailleurs, l’intention de se doter, au cours de la prochaine décennie, d’un porte-avions à propulsion nucléaire (projet 085), qui pourrait s’appuyer sur le modèle de l’Ulyanovsk russe (300 mètres, 85.000 tonnes), mis sur cale en 1988 et abandonné en 1991 suite à l’effondrement de l’URSS.

 

 

 

 

La France fait une croix sur son second porte-avions

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Vue du design CVF-FR issu du projet franco-britannique
crédits : DCNS

L'affaire semble désormais entendue et faire consensus à droite comme à gauche, notamment chez les parlementaires. Faute de moyens, la France ne se dotera pas d'un second porte-avions et devrait encore, pendant au moins une quinzaine d'années, se contenter du Charles de Gaulle. Officiellement, aucune décision n'est encore prise. En 2008, lorsqu'il a mis fin au projet de coopération franco-britannique, qui aurait porté pour la Marine nationale sur la réalisation d'un bâtiment dérivé des unités de la classe Queen Elizabeth, Nicolas Sarkozy avait renvoyé à 2011/2012 sa décision concernant la construction ou non d'un second porte-avions français. Entre-temps, le chef de l'Etat avait demandé une étude pour déterminer les avantages et les inconvénients de la propulsion nucléaire par rapport à la propulsion classique. Cette dernière avait été retenue en 2004 par Jacques Chirac lorsque celui-ci avait voulu profiter du programme britannique pour lancer une coopération et, ainsi, tenter de « sanctuariser » le programme PA2. Toutefois, malgré les sommes déjà investies dans les études (plus de 100 millions d'euros) et la commande des catapultes aux Etats-Unis (qui fut par la suite annulée), le projet franco-britannique fut abandonné par le successeur de Jacques Chirac, et ce, pour la petite histoire, deux ans avant la signature d'un accord de défense qualifié d' « historique » entre Londres et Paris...

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Nouveau design présenté en 2010 par DCNS (© : MER ET MARINE)

Trop tardif et trop coûteux

Aujourd'hui, la situation est simple. Si, comme prévu, le PA2 dans sa version CVF-FR avait été commandé en 2008, son assemblage à Saint-Nazaire serait quasiment achevé et la mise en service aurait pu intervenir en 2015, à l'occasion du second arrêt technique majeur du Charles de Gaulle. Mais comme ce ne fut pas le cas, il faudrait désormais, si la commande était signée, attendre la fin de la décennie pour voir le bâtiment entrer en service. Même ceux qui défendaient le projet au nom de la nécessité d'assurer la permanence du groupe aéronaval n'y croient donc plus : « C'est trop tard maintenant car le PA2 arriverait alors que le Charles de Gaulle serait déjà à mi-vie », explique l'un d'eux. De plus, quand bien même il n'y aurait pas le problème de calendrier, les finances de l'Etat ne lui permettent pas de lancer une telle dépense, estimée à environ 3 milliards d'euros. « Il faut être honnête, il n'y a plus d'argent dans les caisses. Il va falloir que l'Etat se serre encore la ceinture et le ministère de la Défense, comme les autres, n'y échappera pas. Ce sera très dur pour les grands programmes déjà engagés, alors il n'est pas question d'y ajouter un porte-avions », estime un parlementaire.

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Le Charles de Gaulle (© : EMA)

Préparer l'après Charles de Gaulle

Dans ces conditions, il est désormais plutôt question de travailler sur le successeur de l'actuel porte-avions. Normalement, le Charles de Gaulle, opérationnel depuis 2001, a été conçu pour avoir une durée de vie de 40 ans. Mais sa construction, qui a débuté en 1987, a été retardée à quatre reprises pour des questions budgétaires, aboutissant à une mise en service 5 ans après la date initialement prévue. En outre, le fait que le bâtiment soit à propulsion nucléaire fera que, contrairement à d'autres navires, il ne pourra pas être prolongé indéfiniment, pour des questions de sûreté. Tant et si bien qu'on peut imaginer son retrait du service vers 2030, peut être même avant. Ce qui signifierait une mise en chantier de son successeur (ou de ses successeurs si les finances publiques se sont redressées d'ici là) au début des années 2020. Dans ce cas, le lancement des études interviendrait avant la fin de cette décennie. Pour permettre aux industriels de maintenir une partie de leur savoir-faire dans la conception de porte-avions, outils hautement complexes, il ne serait donc pas étonnant qu'une ligne budgétaire soit dégagée sur la loi de programmation militaire à partir de 2015, afin de débuter les études du futur porte-avions. Cela permettrait, au passage, de « sauver politiquement la face », en donnant l'impression que le projet n'est pas abandonné, mais repensé afin de tenir compte des réalités actuelles. Une pirouette qui permettrait encore de gagner de nombreuses années...

 

 

 

 

La marine s'est dotée d'un hymne officiel


Première armée française à agir de la sorte, la marine dispose désormais de sa chanson.

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Marin, rejoins ton équipage, tu es paré pour la mission", ainsi commence le nouvel hymne de la marine.© Johann Peschel / Marine Nationale

 

Avant de quitter ses fonctions voila deux semaines, l'ancien chef d'état-major de la marine Pierre-François Forissier avait pris la décision de doter son armée d'un élément qui lui manquait, à ses yeux : un hymne. Le fait que l'armée de terre ne possède pas de chanson "officielle" ou que l'armée de l'air n'en soit point dotée (contrairement à l'US Air Force qui possède son Off We Go into The Wild Blue Yonder) n'a pas rebuté la marine, bien au contraire. Le chef d'état-major a donc constitué un jury sous sa présidence et celle de Didier Decoin, président des Écrivains de marine et secrétaire général de l'Académie Goncourt. Ce jury a reçu dix-neuf projets, et le choix final s'est porté sur le texte du lieutenant de vaisseau Christian Beauval, de Toulon, et sur la musique composée par le chef de musique Didier Descamps de la Musique des équipages de la flotte, de Brest. Le tout a été officialisé par un message du 29 août dernier
Le lecteur jugera des qualités du texte, que nous lui livrons dans sa version intégrale :

Marin, rejoins ton équipage
Tu es paré pour la mission
Bientôt commence l'appareillage
Du patrouilleur au porte-avions
Marin au cours de ton voyage
Tu hisses notre pavillon
Au loin très haut tu portes l'image
De la France aux autres nations
Honneur, Valeur et Discipline
Mis au service de la Patrie
C'est la devise de la Marine
Qui s'est inscrite dans ta vie
C'est la devise de la Marine
Qui s'est inscrite dans ta vie

On peut entendre l'hymne chanté ici, et la partition se trouve là.
Le tout a été chanté pour la première fois à Brest, lors de la cérémonie d'adieu aux armes de l'amiral Forissier, et devrait désormais faire partie du parcours d'apprentissage des marins. On indique à l'état-major de la marine que ce chant est en fait l'un des aboutissements d'une réflexion engagée durant de longs mois sur le thème "être marin". Le capitaine de vaisseau Dominique de Lorgeril, chef du Sirpa Marine, explique ainsi que "tout bouge. Nous voulions réfléchir à ce que nous sommes : nos missions, nos emplois, notre capacité à bouger. Ce sont nos ancrages, notre capacité à durer, à nous engager, à demeurer humbles devant les éléments." Ce chant est donc une illustration de la volonté de l'état-major de la marine de "fédérer l'ensemble d'une communauté humaine tournée vers l'action".

 

 

 

L'ESNA célèbre les 30 ans du sous-marin Rubis

 

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Basée à Toulon, l'escadrille des sous-marins nucléaire d'attaque (ESNA) a célébré samedi les 30 ans du Rubis, premier SNA construit pour la Marine nationale. A cette occasion, une journée de présentation aux familles des personnels travaillant au profit des sous-marins et aux anciens membres de l'équipage du Rubis a été organisée. Au sein de l'ESNA, un village avait été installé, avec des stands dédiés aux différents acteurs qui participent à la mise en oeuvre et au soutien du bâtiment. Aujourd'hui près de 2000 personnes travaillent en effet directement ou indirectement à la mise en oeuvre ou au maintien en condition des SNA basés à Toulon.
On notera que cette manifestation a, en fait, été organisée en avance de phase par rapport au véritable anniversaire du Rubis, mis en service ebn février 1983. La marine a, en effet, été contrainte de jongler avec le calendrier, en tenant notamment compte des périodes opérationnelles et des arrêts techniques du bâtiment.
A l'occasion du (bientôt) trentième anniversaire du Rubis, nous vous invitons en tous cas à lire, ou redécouvrir, les dossiers que nous avons consacré aux premiers sous-marins nucléaires français, les SNLE du type Le Redoutable et les SNA du type Rubis.

 

- Lire l'article sur les Redoutable

- Lire l'article sur les Rubis

 

 

 

 

LA FRANCE A ETUDIE L'ACQUISITION DU

PORTE-AVIONS HMS QUEEN ELISABETH

 

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Le HMS Queen Elizabeth devait mettre en oeuvre des F-35B

Comme nous l'évoquions fin 2010 suite à la décision du gouvernement britannique de ne conserver que l'un des ses deux futurs porte-avions issus du projet CVF (Carrier Vessel Future), la France s'est intéressée à l'éventuelle l'acquisition du HMS Queen Elizabeth. Actuellement en cours d'assemblage au chantier Babcock de Rosyth, en Ecosse, ce bâtiment, qui doit être livré vers 2016, va en effet être vendu. Cette décision découle du choix de Londres d'abandonner la version à décollage court et appontage vertical du Joint Strike Fighter (JSF), le F-35B, au profit de la version catapultée du nouvel avion, le F-35C. Dans cette perspective, le sistership du Queen Elizabeth, le futur Prince of Wales, va être modifié pour disposer de catapultes, de brins d'arrêt d'une piste oblique, le tremplin situé à l'avant étant amené à disparaître. Cette évolution, qui entraine un report de la livraison du navire vers 2020, ne sera pas mise en oeuvre sur le premier bâtiment de la série. Du coup, faute d'avions compatibles (le F-35B ayant été abandonné et le Harrier retiré du service), la Royal Navy se séparera du Queen Elizabeth.

 

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Les deux CVF tels qu'ils devaient être à l'origine

 

Pour lire la suite cliquer sur le lien ci-dessous

 

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=117462&u=56490&xtor=EPR-56-%5bnewsletter%5d-20111013-%5barticle%5d

 

 

 

LA NOUVELLE ETUDE SUR LE SECOND PORTE-AVIONS FRANÇAIS EST BOUCLEE

 

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Le porte-avions Charles de Gaulle 

Commandée en 2008 à l'issue des réflexions ayant abouti au livre blanc sur la défense, la nouvelle étude portant sur le second porte-avions français (PA2) est achevée. Les travaux ont, notamment, porté sur les différents modes de propulsion possibles. Il s'agissait d'évaluer, à long terme, les avantages et les inconvénients du nucléaire. Le principal bénéfice de ce mode de propulsion, adopté pour le Charles de Gaulle, est d'offrir une autonomie considérable, la place occupée par le combustible de propulsion pouvant être attribuée à d'autres fonctions. Dans un contexte de renchérissement du pétrole et de raréfaction des hydrocarbures (du moins ceux facilement atteignables), cette solution peut paraitre avantageuse en matière de coûts d'exploitation. Mais elle présente aussi des inconvénients. Comme l'a démontré le Charles de Gaulle, les contraintes en termes de sécurité sont importantes et, en temps de paix, la propulsion d'un porte-avions nucléaire (PAN) est gérée suivant les mêmes règles de sureté qu'une centrale nucléaire civile, ce qui n'est pas la solution offrant le plus de souplesse par rapport aux besoins opérationnels. Les mesures de sécurité, très importantes, ont évidemment un coût, auquel il faudra rajouter le démantèlement des installations une fois le bâtiment désarmé. Le rechargement des réacteurs est, de plus, dimensionnant lors des grands arrêts techniques et rend le navire inutilisable durant une longue période. En matière d'escales, il est aussi à noter que tous les pays n'acceptent pas les bâtiments à propulsion nucléaire, ce qui peut parfois être problématique. Quant aux ressources humaines, la réalisation d'un second PAN nécessiterait sans doute d'augmenter les effectifs spécialisés, notamment les atomiciens, qui demeurent des « perles rares » en matière de recrutement. Enfin, au cas où le PA2 serait construit et qu'il serait décidé de le doter d'une propulsion nucléaire, il conviendrait de développer de nouveaux réacteurs, ce qui entrainerait un surcoût important et rendrait sans doute plus complexe la mise en oeuvre de deux porte-avions équipés différemment.
En somme, bien que l'option nucléaire soit opérationnellement la meilleure, les contraintes évoquées, dans un contexte budgétaire compliqué, plaident plutôt en faveur d'un porte-avions à propulsion conventionnelle, telle le PA2 issu du projet de coopération franco-britannique mené entre 2006 et 2008. Ce projet n'est officiellement plus à l'ordre du jour, même si le gouvernement britannique a décidé de se séparer de l'un de ses deux futurs porte-avions, le Queen Elizabeth, actuellement assemblé à Rosyth, ce qui peut constituer une éventuelle opportunité (moyennant une adaptation aux besoins français).

 

pa_2_03Le design de PA2 présenté par DCNS fin 2010

DCNS et STX ont un design en poche
Après l'abandon du programme franco-britannique en 2008, DCNS et STX France ont travaillé sur un nouveau design de porte-avions, s'affranchissant des contraintes liées à la coopération. Présenté lors du salon Euronaval 2010, le dernier modèle exposé porte sur un navire à propulsion classique doté de trois lignes d'arbres. Long de 285 mètres pour un déplacement de 59.000 tonnes en charge, ce projet se distingue par un important travail sur la carène, avec bulbe d'étrave très allongé et jupe à la poupe, ainsi que l'optimisation de la plateforme pour réduire fortement les coûts d'exploitation et de maintenance. Grâce à l'automatisation, l'équipage (hors groupe aérien embarqué) pourrait être réduit à 900 marins, contre 1260 pour le Charles de Gaulle, pourtant plus petit (261 mètres, 42.000 tonnes). Ce modèle de PA2 pourrait embarquer 32 Rafale, 3 Hawkeye et 5 hélicoptères. En profitant des techniques de construction modernes mises en oeuvre à Saint-Nazaire, la coque pourrait, aujourd'hui, être réalisée entre deux et trois ans seulement, auxquels il convient d'ajouter la phase d'essais et de mise au point des systèmes. En clair, s'il était commandé demain, ce second porte-avions pourrait être à la mer lorsque son aîné subira, vers 2016, son second arrêt technique majeur, qui sera assorti d'une importante modernisation.
L'étude commandée en 2008 et désormais achevée a pour but d'éclairer le président de la République sur les possibilités techniques offertes. Il y a trois ans, Nicolas Sarkozy avait renvoyé à 2011/2012 la décision de construire, ou non, le PA2. Jusqu'ici, l'Elysée a mis en avant le contexte économique difficile pour différer ce programme, dont l'utilité n'est pourtant pas remise en cause, un seul porte-avions ne permettant pas de disposer en permanence du groupe aéronaval, l'une des clés de voute l'armée française.
Mais la réalisation du PA2 demeure avant tout une question politique, son coût (environ 3 milliards d'euros à répartir sur plusieurs années) étant finalement assez faible comparé à d'autres programmes et, de manière générale, à ce que l'Etat dépense tous les ans en crédits d'équipement (16 milliards d'euros).

 

 

 

LA CHINE A L'HEURE DES PORTE-AVIONS

 

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Le porte-avions chinois Shi Lang

Alors que la construction d'autres bâtiments du même type aurait été lancée, le premier porte-avions chinois a appareillé le 10 août de l'arsenal de Dalian pour une première série d'essais en mer. Au cours de cette campagne de quelques jours, marins et ingénieurs ont notamment testé la propulsion, la stabilité et la manoeuvrabilité du navire. Mis sur cale en 1985 aux chantiers de Nikolaev, en Ukraine, et lancé trois ans plus tard, ce porte-avions était un sistership de l'Admiral Kuznetsov (ex-Tbilissi, ex-Leonid Brezhnev), entré en service dans la marine russe en 1991. Mais, suite à l'effondrement de l'URSS, le Varyag (appelé au départ Riga) n'a pas été terminé. Racheté en juin 2000 au chantier ukrainien par l'intermédiaire d'un homme d'affaires chinois, la coque, à environ 70% d'achèvement, a été remorquée en 2002 à Dalian. Officiellement, le bâtiment devait être transformé en casino flottant à Macao, à l'image des ex-porte-aéronefs russes Kiev et Minsk, qui avaient été acquis précédemment et convertis respectivement en hôtel à Tianjin et en parc d'attraction à Shenzen.


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L'ex-Varyag arrivant en Chine en 2002

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Prototype du J15, copie chinoise du Su-33

 

Un énorme challenge pour la marine chinoise

Si, en prenant la mer, le premier porte-avions chinois devient réalité, le projet est encore loin d'être achevé. D'abord, il conviendra de mener à bien la mise au point de la plateforme, ce qui sera sans doute long. Ensuite, il faudra former le personnel nécessaire à la mise en oeuvre du bâtiment. A cet effet, une étonnante réplique en béton du porte-avions (pont et îlot) a notamment été construite à Wuhan sur un immeuble de bureaux. Cette infrastructure devrait permettre d'aider les marins à se familiariser avec la manoeuvre des appareils sur un pont d'envol. Il conviendra ensuite de former les pilotes de l'aéronavale chinoise aux appontages et décollages depuis le Shi Lang, ce qui ne sera pas évident. A cet effet, Pékin cherchera peut être à se rapprocher d'un autre pays disposant de porte-avions, comme la Russie ou l'Inde (on a aussi, un temps, évoqué le Brésil) afin de permettre à ses pilotes de se former auprès d'une marine disposant du savoir-faire nécessaire. Enfin, les Chinois devront faire fonctionner l'ensemble du porte-avions puis maîtriser son intégration dans un groupe aéronaval, ce qui suppose une coordination très fine avec les bâtiments d'escorte et de ravitaillement. « Les porte-avions formeront un très puissant groupe de bataille mais la construction et la mise en oeuvre de ce type de bâtiments sont extrêmement complexes », a reconnu début août le contre-amiral chinois Yin Zhuo, évoquant notamment la formation et l'entrainement des personnels. C'est pourquoi, au moins pendant les premières années de sa vie active, le Shi Lang servira avant tout de porte-avions école, permettant à la marine chinoise d'acquérir progressivement les techniques et l'entrainement nécessaires à l'apprentissage de l'outil aéronaval. Selon certains spécialistes, il faudrait, en fait, environ 10 ans pour que cette nouvelle capacité soit bien maîtrisée.
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   L'ex-Varyag avant sa première sortie

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  L'ex-Varyag de retour de ses essais en mer, mi-août

 

Plus de 6 ans de travaux à Dalian

Mais le Varyag étant de conception assez récente à l'époque, la Chine a, sans véritable surprise pour les experts, décidé de l'achever afin de disposer de son premier porte-avions. Les travaux en ce sens ont véritablement repris en 2005 à Dalian, Pékin ne dévoilant officiellement que cette année son intention de terminer la coque pour un usage militaire. Doté de matériels chinois en plus de ses équipements d'origine russe, l'ex-Varyag, qui devrait porter le nom de Shi Lang, mesure 304 mètres de long et affiche un déplacement lège de 46.000 tonnes, son déplacement à pleine charge étant estimé à environ 60.000 tonnes. Doté à l'avant d'un tremplin incliné à 12 degrés, il disposera comme le Kuznetsov d'une piste oblique avec brins d'arrêt. Par rapport à son aîné, divers aménagements ont été réalisés. Ainsi, la capacité du hangar aurait été augmentée, pour permettre à cet espace d'accueillir 22 avions, contre 18 suivant les plans originaux. Le groupe aérien embarqué du Shi Lang devrait comprendre des avions multi-rôles J10 et des intercepteurs J15, version chinoise du Su-33 russe. On rappellera d'ailleurs que Moscou a suspendu la livraison de 50 Su-33 après avoir découvert que le chasseur avait été copié par les Chinois. Il conviendra également de voir comment sera traitée la problématique de l'alerte lointaine, indispensable pour tout déploiement aéronaval lointain, alors que la marine ne dispose d'aucun avion de guet aérien embarqué.

 

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 Prototype du J15, copie chinoise du Su-33

Un énorme challenge pour la marine chinoise
Si, en prenant la mer, le premier porte-avions chinois devient réalité, le projet est encore loin d'être achevé. D'abord, il conviendra de mener à bien la mise au point de la plateforme, ce qui sera sans doute long. Ensuite, il faudra former le personnel nécessaire à la mise en oeuvre du bâtiment. A cet effet, une étonnante réplique en béton du porte-avions (pont et îlot) a notamment été construite à Wuhan sur un immeuble de bureaux. Cette infrastructure devrait permettre d'aider les marins à se familiariser avec la manoeuvre des appareils sur un pont d'envol. Il conviendra ensuite de former les pilotes de l'aéronavale chinoise aux appontages et décollages depuis le Shi Lang, ce qui ne sera pas évident. A cet effet, Pékin cherchera peut être à se rapprocher d'un autre pays disposant de porte-avions, comme la Russie ou l'Inde (on a aussi, un temps, évoqué le Brésil) afin de permettre à ses pilotes de se former auprès d'une marine disposant du savoir-faire nécessaire. Enfin, les Chinois devront faire fonctionner l'ensemble du porte-avions puis maîtriser son intégration dans un groupe aéronaval, ce qui suppose une coordination très fine avec les bâtiments d'escorte et de ravitaillement. « Les porte-avions formeront un très puissant groupe de bataille mais la construction et la mise en oeuvre de ce type de bâtiments sont extrêmement complexes », a reconnu début août le contre-amiral chinois Yin Zhuo, évoquant notamment la formation et l'entrainement des personnels. C'est pourquoi, au moins pendant les premières années de sa vie active, le Shi Lang servira avant tout de porte-avions école, permettant à la marine chinoise d'acquérir progressivement les techniques et l'entrainement nécessaires à l'apprentissage de l'outil aéronaval. Selon certains spécialistes, il faudrait, en fait, environ 10 ans pour que cette nouvelle capacité soit bien maîtrisée.

 

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Vue de l'Ulyanovsk

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Vue de l'Ulyanovsk

 

D'autres bâtiments déjà en chantier ?

On le sait, Pékin ne compte pas se limiter au Shi Lang. A plusieurs reprises, des officiels chinois ont évoqué d'autres projets destinés à accroître la force aéronavale chinoise. Le premier projet, baptisé « 089 », consiste à réaliser deux unités dérivées de l'ex-Varyag. Moins longs (285 mètres) mais plus gros (48.000 tonnes lège, 64.000 tonnes à pleine charge), les deux futurs porte-avions pourraient mettre en oeuvre 35 avions et 6 hélicoptères. On ne sait pas encore si ces bâtiments, qui pourraient recevoir les noms de Beijing et Mao Zedong, disposeront d'un tremplin ou seront dotés de catapultes. La mise sur cale du premier navire était prévue cette année au nouveau chantier Jiangnan Shipyard Corp, situé sur l'île de Changxing, près de Shanghai. Et, selon certaines sources, la construction aurait effectivement débuté, en vue d'un lancement en 2015 et une admission au service actif vers 2020. Les travaux d'usinage auraient également commencé sur la seconde unité de la série, dont la mise sur cale est prévue en 2012.
Dans le même temps, la Chine semble toujours projeter la construction d'un premier porte-avions à propulsion nucléaire (projet 085). Pour cela, les plans d'un défunt projet soviétique devant conduire à la réalisation de l'Ulyanovsk auraient été achetés aux chantiers ukrainiens, qui avaient débuté la construction du bâtiment en 1988, avant de l'abandonner trois ans plus tard. Il s'agissait alors d'un porte-avions de 300 mètres de long et de 85.000 tonnes de déplacement à pleine charge, équipé d'un tremplin mais aussi de deux catapultes pour le lancement d'avions de guet aérien.

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Vue d'artiste du futur groupe aéronaval chinois

Au moins trois porte-avions pour défendre les intérêts chinois

Fin juillet, un général chinois a estimé que son pays avait besoin d'au moins trois porte-avions pour défendre ses intérêts stratégiques. « Si l'on considère nos voisins, l'Inde en aura trois d'ici à 2014, le Japon aura trois équivalents de porte-avions d'ici à 2014, donc j'estime que le nombre (pour la Chine) ne devrait pas être de moins de trois si nous voulons défendre nos droits et nos intérêts maritimes avec efficacité », a affirmé le général Luo Yuan dans les colonnes des Nouvelles de Pékin. Pour les autorités chinoises, l'acquisition de cette nouvelle capacité s'inscrit dans la stratégie défensive du pays, en améliorant notamment la couverture des approches maritimes chinoises. Mais ce sera aussi un moyen de pression supplémentaire sur Taïwan, le Japon en encore le Vietnam ; tout en mettant un terme, au moins symboliquement, au monopole aéronaval américain dans cette partie du monde. En dehors de la simple « gesticulation politique », il va aussi sans dire que la mise en oeuvre de porte-avions permettra à la marine chinoise, à terme, de disposer d'une puissante force de projection de puissance, les bâtiments déployant non seulement des chasseurs, mais aussi des appareils pouvant mener des assaut à la mer ou contre des objectifs terrestres. Avec l'arrivée de ses nouveaux porte-avions, la flotte poursuivra en tous cas son évolution vers une marine océanique, augmentant de facto la sphère d'influence chinoise. L'acquisition de ce puissant outil diplomatique et militaire pourrait, à n'en pas douter, renforcer la tendance des bâtiments chinois à participer, de plus en plus souvent, à des déploiements loin des eaux nationales. D'où la méfiance de certains pays face au développement par Pékin d'un outil aéronaval, perçu dans certaines capitales comme une menace potentielle pour la stabilité régionale.

 

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Nouveau destroyer lance-missiles du type Lujang II

 

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LE CHARLES DE GAULLE QUITTE L'OPERATION HARMATTAN

 

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Le porte-avions Charles de Gaulle au large de la Libye
crédits : MARINE NATIONALE
Le porte-avions Charles de Gaulle doit rentrer à Toulon d'ici le 15 août, ce qui met un terme à son engagement dans l'opération Harmattan/Unified Protector. A partir du 22 mars, le bâtiment, dont le groupe aérien embarqué comprend 18 avions (Rafale, Super-Etendard Modernisés et Hawkeye) et des hélicoptères, est intervenu en Libye contre les forces du colonel Kadhafi. A cette occasion, le Charles de Gaulle a, une nouvelle fois, démontré l'intérêt de disposer d'un porte-avions, qui permet de profiter de la liberté de navigation pour s'approcher rapidement et au plus près d'un théâtre de crise. Ce déploiement fut également l'occasion de roder ou mettre en oeuvre pour la première fois un certain nombre de matériels dans un conflit « classique » contre des forces armées constituées. Ce fut notamment le cas pour le missile de croisière Scalp EG, l'Armement Air-Sol Modulaire (AASM), le pod de reconnaissance Reco NG ou encore la nacelle de désignation d'objectifs Damocles ; tous ces équipements étant embarqués sur Rafale.

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Le porte-avions Charles de Gaulle au large de la Libye
Plusieurs mois à quai pour se remettre en condition

L'équipage a, également, montré une grande capacité de résistance. Car, avant de rejoindre la Libye, le porte-avions avait participé, d'octobre 2010 à février 2011, à l'opération Agapanthe, qui avait elle-même succédé à une période très intensive d'entrainement à la mer suite à son premier grand carénage. Depuis octobre dernier, le navire totalise donc plus de 8 mois d'opérations, interrompues seulement pas un mois d'arrêt technique à Toulon et deux escales de quelques jours en Crète durant l'opération Harmattan. Même si l'équipage de plus de 1800 personnes a été partiellement relevé (dont 340 marins lors de l'escale du 15 au 21 juillet en Crète), il devenait nécessaire de faire souffler les hommes et le matériel. Après une telle activité, le Charles de Gaulle sera immobilisé durant plusieurs mois, « afin de permettre la remise à niveau technique et la remise en condition de l'équipage avant une remontée en puissance opérationnelle », explique l'Etat-major des Armées. On notera aussi que le bâtiment a changé de commandant en plein mer et durant les opérations. Ainsi, le 1er août, l'amiral Pierre-François Forissier, chef d'état-major de la Marine nationale, a fait reconnaître le capitaine de vaisseau Olivier Lebas comme nouveau pacha du Charles de Gaulle. L'officier succède au capitaine de vaisseau Jean-Philippe Rolland.

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Prise de commandement sur le CDG, le 1er août
 
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Un Tigre sur un BPC
 
Réorganisation du dispositif français en Libye

Avec le départ du Charles de Gaulle, dont les avions assuraient notamment une part significative des sorties d'attaque au sol, la France, qui intervient en Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, réorganise son dispositif miliaire. Les missions d'attaque sont, désormais, entièrement assurées par l'armée de l'Air. A La Sude, en Crète, la France déploie un détachement de Mirage 2000D et de Mirage 2000N de l'armée de l'Air ; alors que 5 Rafale Air interviennent maintenant depuis la base italienne de Sigonella, afin de se rapprocher de la zone d'intervention. Par ailleurs, les avions de détection et de contrôle E-3F et de ravitaillement C135 continuent d'opérer depuis la France, respectivement depuis les bases aériennes d'Avord et Istres. On notera aussi la présence, en Crète, d'avions de patrouille maritime Atlantique 2, de la Marine nationale. Cette dernière, malgré le retrait du porte-avions, compte encore au large de la Libye une puissance force navale. Celle-ci comprend le bâtiment de projection et de commandement Mistral, qui embarque un groupe aéromobile, composé d'une vingtaine d'hélicoptères Tigre, Gazelle, Puma et Caracal, qui interviennent contre les forces fidèles au régime de Tripoli. La flotte française compte également sur zone deux frégates (Chevalier Paul et Jean de Vienne), le bâtiment de commandement et de ravitaillement Var, ainsi qu'un sous-marin nucléaire d'attaque. L'aviso Lieutenant de Vaisseau Lavallée est, quant à lui, engagé dans la force maritime de l'OTAN.
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Mirage 2000

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Atlantique 2 à La Sude

 

 

LE TROISIEME SNA DU TYPE BARRACUDA S'APPELLERA TOURVILLE

 

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Vue d'un SNA du type Barracuda

La Marine nationale a choisi le nom de Tourville pour son troisième sous-marin nucléaire d'attaque du type Barracuda. Le bâtiment, dont la première tôle a été découpée le 28 juin sur le site DCNS de Cherbourg, sera baptisé en hommage à Anne-Hilarion de Costentin, comte de Tourville, vice-amiral et Maréchal de France au XVIIIe siècle, qui a notamment remporté les victoires de Béveziers (1690) et Barfleur (1692). De nombreux bâtiments de la flotte française ont porté le nom de ce brillant marin, les deux derniers étant une frégate anti-sous-marine du type F67, admise au service actif en 1974 et retirée du service actif en juin dernier, ainsi qu'un croiseur lourd de la série des 10.000 tonnes, lancé en 1925 et ferraillé en 1963.
Le futur Tourville devrait, quant à lui, rejoindre la flotte française vers 2022. Il suivra les Suffren et Duguay-Trouin, le premier devant entrer en service en 2017.
Longs de 99.5 mètres pour un déplacement de 5300 tonnes en plongée, les nouveaux SNA français remplaceront les unités de la classe Rubis. En tout, six bâtiments sont prévus, les trois derniers devant être baptisés Dupetit-Thouars, Duquesne et De Grasse, l'ordre d'attribution de ces noms d'ayant pas encore été déterminé.

 

 

 

BAN NIMES

Clap de fin pour l’aéronavale

 

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C’est fait. Hier matin, à 10 h 31 précises, la base aéronavale de Nîmes a cessé d’exister. Symboliquement, cette dissolution s’est traduite, sur la piste de Nîmes-Garons, par une cérémonie militaire avec, en point d’orgue, la restitution du fanion de la base par le capitaine de vaisseau Lionel Mathieu, commandant de la base depuis un an, au chef d’état-major de la Marine nationale, l’amiral Pierre-François Forissier, sous l’œil des neuf anciens commandants de la base.

La cérémonie, commencée peu avant dix heures et ponctuée des interventions musicales du Bagad de Lann-Bihoué, s’est déroulée en présence des 300 derniers marins sur les lieux, de leurs familles et de nombreuses autorités civiles et militaires, dont le préfet du Gard Hugues Bousiges. Et une absence notable : celle du sénateur-maire de Nîmes Jean-Paul Fournier, qui a bataillé ferme contre le démantèlement de l’aéronavale.

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Les premiers mots sont venus du capitaine Lionel Mathieu, adressés aux marins qui depuis un an ont permis une transition en douceur et à l’heure dite sur la base. Un message de félicitations collectives a également été lu, saluant le travail des militaires pendant les cinq décennies d’existence de la base. Depuis ce jour d’octobre 1961 où la flottille 6F équipée d’Alizés est arrivée à Garons, jusqu’à ce 1er juillet : "Ce jour marque la fin d’une histoire humaine et aéronautique dans le respect des échéances fixées il y a trois ans. Pour les marins qui ont écrit, ici, certaines des plus belles pages de leur vie, je dis que le livre de l’aéronavale n’est pas terminé.

Il continue à Lann-Bihoué", a expliqué le chef d’état-major de la Marine nationale. L’un de ces marins du ciel, le capitaine de vaisseau Xavier Lartigue, qui a commandé la base de 2003 à 2004, confirmait : "C’est un moment fort. On a vécu ici une véritable aventure. Cette base a permis à la marine de rayonner dans toute la Méditerranée. On a réussi à construire de vrais projets." Non sans émotion, une des plus belles pages de l’histoire militaire de Nîmes et de la Camargue s’est ainsi tournée hier à Garons.

 

Cinq "anciens" de la Ban évoquent leurs souvenirs

 

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Autour d’un symbole fort, Claude Brionne, Charles Declos, Jacques Lerolland et Paul-Émile Clément. (Photo MICHAËL ESDOURRUBAILH)

Une page se tourne à la Base aéronavale de Nîmes qui a compté jusqu’à 1 500 militaires et civils pendant plusieurs décennies. Demain, la dissolution sera effective et il ne restera plus que quelques heures aux derniers marins du ciel, ils étaient encore 650 ces derniers jours, pour rejoindre leur nouveau “port d’attache “à savoir la base de Lann-Bihoué à Lorient. Si le 2 juillet, Nîmes et sa région auront tourné une page de leur histoire, c’est un livre de souvenirs qui se referme dès aujourd’hui pour les anciens de la BAN. Cinq d’entre eux ont accepté de nous raconter leur passage ici. Témoignages.

Claude Brionne, en poste de 1970 à 1985, élève puis instructeur mécanicien
« J’ai fait à la BAN de Nîmes, le métier qui m’intéressait le plus. Celui de mécanicien naviguant. Il fallait gérer le fonctionnement de l’avion. A l’époque, il n’y avait pas d’ordinateurs pour calculer la consommation de carburant. Ça incombait aux mécanos. Et comme sur les Breguet Atlantic, on pouvait partir pour 16 heures de vol, il n’était pas question de gaspiller le carburant. » Parmi ses nombreux souvenirs, Claude Brionne raconte : « J’ai participé aux recherches de l’hélicoptère de Daniel Balavoine dans le désert. A ce moment-là j’étais en détachement à Dakar, en mission de surveillance pendant 45 jours. » C’est évidemment avec nostalgie qu’il voit aujourd’hui le démantèlement de sa base : « C’est une partie de ma vie et ma jeunesse qui partent. »

Charles Desclos en poste en 1966 puis de 1971 à 1978. Capitaine de frégate
Stagiaire pendant six mois sur Breguet Alizé puisque la flottille 6F à Nîmes assurait cette formation, Charles Desclos est ensuite revenu en 1971. « J’ai occupé tous les postes d’officier de la flottille, je faisais beaucoup de sauvetage en mer, d’assistance à des bateaux en détresse parce qu’on décollait plus vite que les Breguet Atlantic. Je me souviens d’une intervention au large de Port-La Nouvelle sur un pétrolier qui avait lancé un appel de détresse à 23 heures suite à une tempête. On est arrivé à entrer en contact avec le radio du bateau et à le trouver, on faisait des tours autour quand soudain, plus rien. Le bateau a disparu, on avait plus d’écho. Les secours sont arrivés sur zone mais on a jamais retrouvé ni le bateau ni un gars. C’est impressionnant de vivre cela. » A la veille du démantèlement de la base, Charles comme ces collègues est « triste. C’est un peu dommage qu’on abandonne cette base en Méditerranée quand on voit tous les foyers de guerre actuels » glisse-t-il.

Jacques Lerolland,  en poste de 1978 à 1981,  1er maître à la 22 F
En 1963 et 1964, il exerçait en Algérie, sur la base de Lartigues. Une base démontée et dont les pièces ont servi à la construction de la BAN à Garons : « J’ai vu Garons se créer » explique Jacques. Ancien mécanicien avion, il raconte : « Je m’occupais du ravitaillement des pièces des avions et de la mécanique, je suis parti en mission au Tchad et en Maurétanie en temps de guerre et pour de longues missions, c’était très difficile pour les familles qui restaient seules durant plusieurs mois. »

Paul-Émile Clément, en poste de 1963 à 1992, capitaine de frégate 2e échelon
Natif de Paris, Paul-Emile Clément a passé 20 ans à la BAN. Il a d’ailleurs rencontré ici son épouse, une Cévenole de Thoiras avec laquelle il s’est marié dans la petite chapelle de la base. Matelot à son entrée en 1963, il est sorti capitaine de frégate. Des souvenirs, il en a forcément des dizaines. De ses nombreuses missions, il retient : « les sauvetages en mer grâce aux performances des Breguet Atlantic, notamment les sauvetages des sous marins Eurydice et Minerve, et des bateaux de commerces qui faisaient naufrage. » Triste de voir sa base démantelée, Paul-Emile est aussi en colère après « les quelques riverains qui ont construit des villas autour de la base et se plaignent maintenant du bruit. »
 

 Papymichelle 30/06/2011, 07h40

le 12 janvier 1998 il y a eu un crash d' alizé en face du campanile hotel au croisement du chamins des canaux et route d'Arles.Il y a eu 3 morts ,un équipage et un civil.Je m'étonne à chaque fois que je passe qu'il n'y ai pas une stelle sur le rond point.Je ne suis pas un marin mais un aviateur et porte drapeau.Il y a une stèle pour un aviateur Américain sur un rond point ,pourquoi pas pour cet équipage ,pour moi ils ont la même valeur au service de notre pays.Salut fraternel aux anciens marins ,ils vivrons avec le souvenir comme nous avec la BA726.

 

Le départ de la Ban va bien appauvrir l’Agglo

 

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C’est officiel : le départ de la base aéronavale en Bretagne reste un coup dur pour l’économie locale. C’est l’État lui-même qui le reconnaît dans les études qu’il a demandées à des cabinets spécialisés. "Le différentiel potentiel de masse salariale du fait de la composition socio-économique différente des populations militaires partant et arrivant est estimé à 16 M par an." La consommation annuelle locale en sera donc diminuée d’autant, même si les effectifs militaires "devraient rester stables, voire être en légère augmentation" grâce à l’arrivée du 503e Régiment du train (1 100 hommes, en principe), qui s’apprête à quitter la région bordelaise, et la création, à Garons, de la base de défense de Nîmes, dont les effectifs devraient être de l’ordre de 200 personnes.

Le problème vient de ce que les partants, surtout des officiers (pilotes, informaticiens, ingénieurs-mécaniciens, etc.) et des pères de famille, vont laisser la place à des jeunes, le plus souvent célibataires et peu qualifiés, dont la solde n’a rien de commun avec celle de leurs prédécesseurs. Des jeunes qui seront en outre souvent absents d’ici, du fait des opérations extérieures qu’ils effectuent, contrairement aux 1 300 hommes de la Ban.

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À ajouter au manque à gagner de 16 M par an, le surcoût annuel généré par la gestion de l’aéroport, dont la moitié était prise en charge par la Marine, et la nécessité impérative de trouver localement 12 M (l’État en mettra 4,5 de sa poche) pour financer le plan de redynamisation de l’aéroport.

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L'aéronautique navale fait ses adieux à l'établissement de Dugny

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La cérémonie de fermeture de l'EAN de Dugny, le 30 juin


L'établissement d'aéronautique navale de Dugny-Le Bourget a été officiellement fermé le 30 juin, mettant fin à plus de 50 ans de présence de la Marine nationale sur ce site. La fermeture de Dugny s'inscrit dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire 2009/2014, elle-même découlant à la fois du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Dans cette perspective, l'aéronautique navale s'est également retirée des sites de Nîmes-Garons et Toussus-le-Noble. Le 30 juin 2011, le capitaine de frégate Baron a présidé la cérémonie de clôture de l'Établissement d'aéronautique navale de Dugny-Le Bourget. Au cours de cette cérémonie, la plaque de l'établissement a été descendue pour marquer symboliquement la fermeture de cet établissement. Le fanion a également été remis au capitaine de frégate Baron par le capitaine de frégate Philippe Favier, dernier commandant de l'Etablissement.

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Le site de Dugny

 

Les origines remontent à 1914

L'histoire de Dugny est liée à celle de l'aérodrome du Bourget, dont l'origine est liée à la décision prise fin septembre 1914 par le général Gallieni, alors gouverneur militaire de Paris, de doter le camp retranché de Paris d'un « Service d'aviation » dont la mission devait être d'intercepter les appareils allemands avant qu'ils n'atteignent la capitale. Aucune activité n'était donc présente avant 1914. Bien que situé essentiellement sur la commune de Dugny, le terrain a pris le nom du Bourget, lieu où se trouvait la gare de chemin de fer. L'offensive allemande ayant été stoppée sur la Marne, le ministre de la Guerre ordonna en mars 1915 que soient déterminées les conditions de prise de possession de l'Etat des terrains sur lesquels stationnait cette unité. Expropriés le 3 octobre 1917, les 202 hectares constituèrent ainsi l'emprise d'origine de l'aérodrome militaire, qui s'est ouvert au trafic civil en 1918, une première aérogare étant ouverte. En 1939, Le Bourget, avec 21.000 mouvements d'avions et 138.000 passagers, est le second aéroport d'Europe. Base aérienne allemande durant la seconde guerre mondiale, Le Bourget subira d'importants bombardements entre 1940 et 1943. Le 16 août 1943, un raid allié destiné à détruire l'aéroport voit la commune de Dugny rasée, ainsi que le nord de la ville du Bourget, dont le centre est entièrement détruit. Sérieusement endommagé, l'aéroport est, après la fin des hostilités, reconstruit à l'identique et utilisé comme aéroport civil de Paris jusque dans les années 1970, à partir desquelles le gros du trafic se reporte sur Orly et Roissy.

La BAN puis l'EAN de Dugny

La Base d'Aéronautique Navale (BAN) de Dugny-Le Bourget est implantée à partir de 1955, dans la partie ouest du terrain de l'aéroport du Bourget, avec la construction de logements, infrastructures et de bâtiments pour le commandement. L'escadrille 31S, en provenance d'Orly, arrive sur la BAN en 1955, alors que l'escadrille 11S, en provenance de la BAN des Mureaux, y débarque en 1959 afin de libérer de l'espace sur les emprises d'Orly et des Mureaux. La création administrative de la base d'aéronautique navale de Dugny date du 1er janvier 1955, la construction s'étant achevée en 1960. La BAN a pris le statut d'Etablissement Aéronautique Navale en 1998, après la dissolution de l'Escadrille 11S (l'Escadrille 31S a été dissoute en 1964). Jusqu'à sa fermeture, sa vocation principale restait le soutien en escale des aéronefs de la marine et des autres aéronefs de passage. Une brigade de surveillance aéroterrestre des douanes était également présente sur site depuis 1979.

 

 

 

 

 

 

6000 marins en moins d'ici à 2014

 

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Les missions de la Marine nationale ne diminuent pas. Ses effectifs, oui. La marine va devoir se serrer la ceinture. Elle va perdre 6000 marins d'ici à 2014. Ils feront à deux ce qu'ils faisaient à trois. Revue de détail.
La première richesse de la marine? Ses hommes et ses femmes, vous dira le «Chef», l'amiral Forissier. Un peu plus de 45.000 militaires et civils servent aujourd'hui au sein de la Marine nationale. La palette des métiers est très large: cela va de l'expert chimiste au pilote de chasse, du plongeur démineur au spécialiste radar, du cuisinier aux «oreilles d'or» capables de détecter le moindre signal à bord des sous-marins. La marine a son «DRH», le directeur du personnel : le vice-amiral d'escadre Olivier Lajous. À lui de mener au mieux la gestion humaine de ces milliers de marins. Une équation qui n'est pas toujours facile à résoudre. Le DRH, qui gère une masse salariale de 2.5milliards d'euros, doit à la fois recruter, faire partir ceux qui ont fait un bout de chemin dans la marine, mettre en place la réforme des armées, tout en gérant les effectifs des nombreux marins aujourd'hui en mission. Ajoutez à cela la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) qui se traduit par la suppression de 6000 postes pour la marine sur 2009-2014: un exercice d'équilibriste. En 2008, ils étaient 50.000 militaires et civils.

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«Un défi colossal»

Toutes les lignes bougent en même temps... «C'est un défi colossal», souligne l'amiral Lajous. Chaque année, il lui faut recruter 3000 jeunes tout en gérant aussi 3800 départs, ceux des contrats courts, des départs en retraite, des reconversions. La validation des formations, l'esprit d'équipe ou d'équipage permettent des reclassements dans le civil: entre 75 et 80% des marins sont reclassés dans l'année qui suit le départ. Supprimer 6000 postes, ce n'est pas non plus évident. Ce qui était facile à faire a déjà été fait. Comme la fermeture de la base de Nîmes (1500 personnes), le désarmement de la Jeanne d'Arc (600 marins). Après, c'est plus délicat. Certes, le format de la Marine évolue. Avec l'arrivée des nouvelles frégates comme les FREMM, on divise par plus de deux le nombre de marins à bord. Mais cela ne résoudra pas tout. Pour faire fonctionner le système, la Marine nationale externalise et fait appel au privé pour la restauration notamment, le parc automobile, la formation des pilotes d'hélicoptères aussi se fait aujourd'hui chez DCI à Dax. Un appel d'offres a été lancé pour l'habillement.

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Et le moral des troupes?

Et le moral des troupes? Rue Royale, on surveille cela de très près. «Il n'est pas au top mais il tient», dit-on, en ne cachant pas «qu'on tire beaucoup sur les marins». Les familles en pâtissent. Les bateaux sont très sollicités. Les hommes et femmes aussi et encore plus avec l'opération en Libye. Certes, ils touchent plus dans le cadre de l'opération Harmattan : 25% de plus qu'en temps normal. Mais «Ce n'est pas cela qui les motive», dit un marin, «c'est la mission, chasser Kadhafi qui opprime son peuple». Alors, Il faut durer à la mer, en situation de combat cette fois. C'est un peu la «surchauffe». Relever les frégates, c'est jouable. Le porte-avions, il n'y en a qu'un. C'est impossible. Les compteurs explosent avec les BPC et le Charles-de-Gaulle qui va arriver à 200 jours de mer. Les pilotes sortent tous les jours et, la plupart du temps, pour larguer des bombes. Et il n'y a personne pour les remplacer... De jeunes pilotes attendent depuis des semaines de pouvoir se qualifier. Or ce n'est pas possible lorsque le porte-avions est en mission opérationnelle. Il y aura donc du retard sur le renouvellement du vivier des pilotes. La situation est qualifiée de «fragile». «Tout cela repose sur le bon sens des marins, leur incroyable dévouement et la démerde», dit un observateur. Combien de temps ça va durer? C'est ce qui tracasse les marins.

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La marine propose des visites virtuelles du Mistral et du Forbin

La Marine nationale vient de mettre en ligne sur son site Internet un système permettant de visiter virtuellement le bâtiment de projection et de commandement Mistral, ainsi que la frégate de défense aérienne Forbin. De la passerelle au pont d'envol en passant par le central opérations et les machines, cette « visite immersive » permet de découvrir de manière originale et réaliste deux des derniers fleurons de la flotte française. L'Internaute, comme s'il était à bord, peut visualiser l'espace choisi sur 360° et même regarder du sol au plafond.

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Pour  accéder à la visite, cliquer sur le lien ci-dessous

 La marine propose des visites virtuelles du Mistral et du Forbin

 

 

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